La fin des bonus des patrons, pour plus de justice sociale ?

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ACTU POUVOIR D'ACHAT : La fin des bonus des patrons, pour plus de justice sociale ?

Vers plus de justice sociale? Le Medef envisage la création d'un "comité des sages" afin de mieux cadrer les bonus accordés aux patrons.

Le 30 mars dernier, le chef du gouvernement, François Fillon, annonçait son intention de réglementer les salaires des grands patrons. La fin des bonus accordés aux patrons va-t-elle ralentir l’hémorragie sociale de ces derniers mois (séquestration des chefs d’entreprises, plans sociaux, grèves…) ?

Vers une meilleure répartition des richesses?

Le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, soutient M. Fillon en affirmant que « des règles doivent encadrer la rémunération des dirigeants d’entreprises, et ces règles doivent être renforcées en période de crise ». Ce décret arrive à temps car la situation socio-économique en France est plus que tendue. Les prises d’otage de dirigeants d’usines en difficulté financière (Caterpillar), par des salariés irrités et désespérés par un pouvoir d’achat en constante baisse en sont l’exemple le plus criant. Avec cette décision prise par le gouvernement, on espère une répartition plus juste des richesses et moins de licenciements massifs. Claude Guéant souligne le fait que « la France est la première place financière en Europe à adopter ce genre de règles ». Seules les entreprises bénéficiant des « fonds publics » (généralement des constructeurs automobiles et les banques) sont visées par ce décret. De plus, François Fillon assure qu’ « il n’y aura pas d’attribution et de versement d’aide publique si l’entreprise est amenée à procéder à des licenciements importants ». Cette sanction à l’égard des entreprises aidées par l’Etat a de quoi réjouir les salariés dont le revenu n’a pas augmenté et qui voient leur pouvoir d’achat baisser. Pour rassurer les travailleurs français, le premier ministre a annoncé que ce décret sera applicable « au moins jusqu’à la fin 2010 » et qu’il sera prolongé si nécessaire.

Laurence Parisot et le Medef appelés à la rescousse

Les inégalités sociales se sont renforcées n’épargnant pas les classes moyennes en ces temps de crise. Pour François Fillon, la mise en place d’un « comité d’éthique » par le Medef est « une question de justice ». La présidente du Medef, Laurence Parisot, a répondu à l’appel du premier ministre en acceptant de créer ce « comité des sages » dont le but est de « veiller à ce que les dirigeants d’entreprise […] recourant massivement au chômage partiel, reconsidèrent l’ensemble de leurs rémunérations ». Pour la présidente d’Entreprises à Taille Humaine Indépendantes et de Croissance (ETHIC), Sophie de Menthon, le « comité des sages » doit être entièrement indépendant du comité d’éthique du Medef afin de pouvoir « prononcer des blâmes », à l’encontre des entreprises qui ne respecteraient pas le décret Fillon en accordant des bonus aux patrons.

Une décision jugée éthique

Le secrétaire général adjoint de l’UMP, Eric Besson, s’est exprimé dans les colonnes des Echos, jugeant qu’ « il n’est pas acceptable que les salariés et les petits patrons aient le sentiment que quand ça va mal, ils en subissent les conséquences, alors que seuls les grands dirigeants en profitent quand tout va bien ». Pour la ministre de l’économie, Christine Lagarde et le ministre du travail, Brice Hortefeux, le Medef et l’Association française des entreprises privées (AFEP) ont jusque fin avril pour mettre en place le « comité des sages ». Il faut espérer que cette décision prise par François Fillon soit appliquée le plus rapidement possible et que le « comité de surveillance » ait le pouvoir de sanctionner réellement (suspension des aides publiques), les entreprises qui ne tiendraient pas compte du décret.

Boy scoop le 23 avril 2009 Lu 883 fois Pas de commentaire