ACTU POUVOIR D'ACHAT : Emprunt national, est-il intéressant pour vous?

L‘emprunt national sera lancé en 2010. Coup d’épée dans l’eau ou bonne nouvelle pour notre pouvoir d’achat ? Évaluez vos éventuels investissements avec notre premier tour d’horizon.
Quel est le seuil d’entrée pour souscrire à cet emprunt national?
Le minimum pour investir avec l’Etat serait fixé « autour de 100€ à 200€ », L’objectif étant de proposer un emprunt populaire, selon Denis Clerc, conseiller de la rédaction d’Alternatives Economiques.
Le Premier ministre François Fillon affirme que l’idée du gouvernement, « c’est de solliciter les Français », sans que cet emprunt devienne «obligatoire », contrairement à plusieurs députés UMP qui souhaitaient obliger les ménages les plus aisés à souscrire à cet emprunt.
Le taux d’intérêt de l’emprunt national est-il assez élevé ?
Le rapporteur du budget à l’Assemblée Nationale nous parle d’un taux d’intérêt de 3% minimum. Cela signifie que le taux sera plus élevé que celui du Livret A (1,75%), mais moins élevé que l’emprunt EDF (4,5%), et encore moins élevé que l’emprunt Balladur en 1993 (6% sur quatre ans). Ce dernier ayant entraîné une perte de 3,3 à 4,3 milliards de francs à l’Etat à l’époque.
Les spécialistes comme Liêm Hoang-Ngoc, professeur en économie à Paris I, juge l’emprunt inintéressant, si « le taux est en-dessous de 4%. »
Reste à savoir si le gouvernement va proposer « un avantage fiscal comme des intérêts non imposables » pour séduire.
Le placement est-il sûr ?
Le risque de non-remboursement est faible, puisque la garantie, c’est l’Etat.
Les emprunts de l’Etat français ont toujours été remboursés. A l’étranger, l’Etat Russe a fait faillite au début du XXe siècle et l’emprunt souscrit à cette époque n’a été remboursé qu’un siècle plus tard.
Les zones floues
En plus du seuil d’entrée qui n’a pas été fixé, le montant de l’emprunt, lui, reste indéfini. La somme de 80 à 100 milliards d’euros, parfois mentionnée dans la presse, est jugée trop importante selon le ministre de la Relance (Patrick Devedjian).
On ne connaît pas non plus encore la proportion des sommes soumises aux particuliers et celles soumises aux entreprises.
Les projets dans lesquels il faut investir sont en plein débat. Le chef de l’Etat a évoqué l’aménagement du territoire et l’éducation, alors que le Premier ministre a insisté sur les nouvelles technologies.



